La girafe lit aussi

La girafe lit aussi

En haut de la Canebière, depuis 2009, une girafe en sculpture distribue des livres.

Elle s’appelle Zarafa, comme la girafe offerte en 1827 au roi Charles X, première girafe vivante à fouler le sol de France. Sauf que celle-ci ne voyage pas : elle est là, fixe, au bout de l’avenue, et dans son ventre ou sur son dos, des livres attendent qu’on vienne les prendre.

C’est une boîte à livres. La plus élégante de Marseille, sans doute. Et la plus ancienne.

Dans une ville où rien ne dure vraiment, une girafe-bibliothèque qui tient depuis 2009 en haut de la Canebière, c’est presque un monument.

Les boîtes à livres, c’est la version silencieuse du street art. Pas de signature. Pas de like. Juste un livre posé là pour quelqu’un qu’on ne connaît pas. Tu prends, tu laisses, ou tu ne laisses rien : personne ne vérifie. La ville fait confiance à ses habitants pour que ça continue à tourner.

Marseille en compte des dizaines (au Panier, à Malmousque, dans les quartiers Nord, près du Vieux-Port). Chacune a sa personnalité : certaines sont soignées, repeintes, entretenues comme un jardin. D’autres débordent, accueillent des livres humides et des petits mots griffonnés.

Zarafa, elle, est l’ancêtre. Celle qui a tenu.

Il y a quelque chose d’émouvant dans l’idée qu’en haut de la plus grande avenue de Marseille, entre les touristes et les tramways, des inconnus échangent des livres depuis 2009 sans jamais se croiser.

La littérature a toujours fonctionné comme ça : des mains qui passent quelque chose à d’autres mains, dans le silence.

Vous connaissez une boîte à livres dans votre quartier ? Dites-moi où elle est.

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