La procrastination, version honnête

La procrastination, version honnête

Ça fait une semaine que je procrastine. Pas par manque d’idées : le carnet déborde, les onglets s’accumulent, les intentions sont là, bien rangées et inutiles. Non : je procrastine parce que la semaine a été trop. Trop de travail, trop de visios, trop de rendez-vous médicaux à caler entre deux réunions. Trop de tout, sauf de temps pour penser.

On confond souvent procrastination et paresse. C’est une erreur grossière. La paresse est douce, assumée, presque philosophique. La procrastination, elle, est anxieuse. Elle ressemble à quelqu’un qui tourne en rond dans une pièce en sachant exactement ce qu’il faudrait faire et qui ne le fait pas, précisément parce que la charge mentale a saturé tous les circuits.

La surcharge cognitive tue l’élan créatif avant même qu’il commence. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est un trop-plein d’obligations qui laisse le cerveau en mode survie, incapable de passer en mode création.

Ce que j’ai appris cette semaine : forcer ne sert à rien. Écrire sous pression ressemble à presser une éponge sèche, on s’abîme les mains pour rien. Ce qui fonctionne, c’est d’abord vider. Un café sans écran. Une marche sans podcast. Une liste sur papier, pas dans une app. Laisser le bruit se déposer.

La procrastination n’est pas l’ennemi de l’écriture. Elle en est parfois le symptôme le plus honnête : il y a trop de bruit dehors pour entendre quoi que ce soit dedans.

Alors oui, j’ai procrastiné. Et maintenant j’écris.

C’est peut-être tout ce qu’il y avait à faire.

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